La stratégie consiste à continer à tirer pour faire croire à l'ennemi qu'on a encore des munitions
La stratégie consiste à continer à tirer pour faire croire à l'ennemi qu'on a encore des munitions
Herve Delemarre sur 22 juillet 2011 | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Pour la deuxième année consécutive, le nombre de cartes de presse délivrées a reculé en 2011, à 36 815, selon la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels. Cela représente 600 cartes de moins qu'en 2010, soit une baisse de 1,6%. Dans le détail, les premières demandes sont stables, à 1 854, tandis que les renouvellements ont reculé, à 34 961. Les journalistes rémunérés à la pige représentaient l'an dernier 20,6% des cartes délivrées (7 603). Autre enseignement, la profession continue de se féminiser, avec 45,3% de femmes (16 708 cartes de presse), contre 44,8% l'an dernier.
Les Etats Unis en dix ans ont perdu pratiquement 30% des effectifs de journalistes.
Sur la presse française en général, il faut lire le rapport sur l'année 2011 que fait Jean-Marie Charon, sociologue des médias, dans l'Observatoire des Médias, qui dresse un tableau saisissant de noirceur de l'état de notre presse : disparitions historiques (France Soir), situations plus que préoccuppantes (La Tribune), restructurations (Les Echos), passage au numérique partiel ou au tout numérique...
Herve Delemarre sur 13 janvier 2012 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
En 1953 le quotidien France Soir de Pierre Lazareff franchit la barre du million d’exemplaires vendus. Le journal conservera jusqu’en avril 1969 la manchette
« Le seul quotidien français vendant plus d’un million »
Il atteindra cependant le record de 2 264 000 exemplaires le 9 novembre 1970 à la mort du général de Gaulle. Je me souviens du France Soir de ces années-là, qui a sans aucun doute participé à mon attirance pour la presse. De chez nous à Lens, enfant, je traversais la place Jean-Jaurès pour y acheter France Soir au kiosque situé entre la quincaillerie Renard et l'Eglise Saint-Léger.
Le kiosquier était un personnage truculent qui avait des idées sur tout et se montrait désireux d'en débattre avec les clients. Je me suis montré assez éclectique dans mes lectures dès l'enfance, et vous n'allez pas le croire, avant l'âge de dix ans j'attendais que mon père ait fini de parcourir Le Monde du jour pour m'en emparer, je suivais en particulier avec passion la guerre d'Indochine puis les "événements" d'Algérie.
Pour l'achat d'un seul exemplaire de France Soir, des 'hebdomadaires Spirou ou Tintin ou du Monde Diplomatique, je pouvais passer jusqu'à une demi heure devant le kiosque à bavarder avec le vendeur. Nous mettions en pause et je m'écartais à l'arrivée des nouveaux clients ; la plupart, pressés ou mal garés, ne restaient qu'un instant.
Le kiosquier n'avait pas de vrai patronyme connu, l'un des copains du quartier (le fils du coiffeur chauve dépositaire des lotions capillaires anti-chute Pétrole Hahn) le nommait Dugommier, par pure méchanceté. Dugommier, lui, n'était pas méchant. La nature l'avait doté d'une taille nettement inférieure à la normale observée dans la population mâle de l'époque. Toute la journée il était perché dans sa guitoune sur une caisse en bois, mais le soir quand il sortait baisser les volets on voyait s'agiter un nain autour du kiosque.
Il me faisait tenir la boutique (faire patienter les acheteurs) le temps d'aller satisfaire un besoin naturel dans quelque bistrot proche. Connaissant ma curiosité naissante pour les femmes, Dugommier me confiait à feuilleter sur place certains magazines en contenant de beaux specimen. D'une visite à l'autre, il avait repéré les bonnes pages pour moi et pouvait me lancer (je me souviens très précisément du trait qui suit) : "Tiens, je t'en ai trouvé une belle dans Ciné Monde paru hier, elle porte un nom prédestiné pour aller au lit : sans drap". Il s'agissait de Sandra Milo dont Wikipedia nous dit : comédienne italienne née à Tunis le 11 mars 1935. Sa sensualité et sa forte personnalité l'imposent à l'écran dans la deuxième moitié des années cinquante. Elle tourne avec Jacques Becker, Roberto Rossellini, Federico Fellini, Antonio Pietrangeli, Dino Risi, Claude Sautet, et parvient à une notoriété internationale.
France Soir de la période Lazareff devait son succès populaire au mélange de grands reportages illustrés et de rubriques légères. Après une double page 2 et 3 signée Joseph Kessel, le lecteur pouvait sauter aux dernières pages pour y suivre les feuilletons en bandes dessinées (souvent avec une dose d'érotisme) intitulés Angélique marquise des anges, Les amours célèbres, Le crime ne paie pas, Chéri-Bibi... il terminait par le Jeu des 7 erreurs.
La publicité de France Soir a toujours représenté un lecteur debout tenant le journal ouvert devant lui. Des panneaux en bois de ce symbole décoraient en PLV les points de vente. Maintenant que France Soir a cessé d'exister en version papier, je me demande comment les publicitaires vont faire pour représenter de façon convaincante un lecteur tenant devant lui un iPad ou une liseuse Kindle ou Kobo. Et comment les kiosquiers bavards vont-ils se débrouiller, quand les journaux seront tous numériques, pour étancher leur soif d'échanges culturels avec les pré-adolescents curieux de lectures diverses et variées qui feront plus tard une carrière dans la communication ?
Herve Delemarre sur 19 décembre 2011 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
INTERVIEW PARUE DANS FRANCE SOIR LE 6.09.2011
François de Closets, le célèbre journaliste qui dénonce les abus, est furieux… « d’avoir eu raison trente ans trop tôt » : « En 1992, j’ai commencé à dénoncer le dérèglement des finances publiques. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à l’échéance fatale », dit-il, accusant les hommes politiques de totale irresponsabilité. Pour lui, notre pays est en grand danger, et il s’offusque : « Qu’un pays comme la France, avec autant d’atouts, soit au bord de la faillite, ce n’est pas concevable ! »
FRANCE-SOIR La France est réellement au bord de la faillite ?
François de Closets Oui, et je suis fou de rage d’avoir eu raison dans mes prédictions. Je me suis toujours dit « Pourvu que j’aie tort ! » On me traitait de pessimiste… Mais cette fois, nous sommes bien au pied du mur.
F.-S. Que faire ?
F. C. Il faut arrêter de mentir aux Français ! Nous payons l’addition de trente-cinq ans de mensonges politiques et de laxisme budgétaire. Résultat : c’est 70 milliards d’euros qu’il faut aujourd’hui trouver pour éviter la faillite. Et cela, on le sait depuis 2005. On n’a rien fait. Maintenant, on y est.
F.-S. Nos hommes politiques savaient réellement que la France allait dans le mur ?
F. C Evidemment ! C’était écrit dans les rapports officiels, oui, et dès 2005. Maintenant, la France ne doit pas trouver 10 ou 20 milliards d’euros, comme on nous le dit, mais 70 milliards pour retrouver l’équilibre budgétaire et combler son déficit chronique. L’échéance fatale était prévue pour 2014. Elle est venue plus vite que prévu parce que la crise financière est arrivée là-dessus.
F.-S. Comment en est-on arrivé là ?
F. C. C’est une responsabilité partagée de la droite et de la gauche. Chirac et Jospin ont renoncé au sauvetage de nos finances dès 1999, par pure démagogie, alors qu’ils en avaient les moyens financiers… En 1997, avec 4 % de croissance, avec le pétrole bradé à moins de 20 dollars et les taux d’intérêt les plus bas, la France avait les moyens de rembourser sa dette. Elle avait des rentrées fiscales providentielles, avec environ 40 milliards de francs d’excédents. DSK, ministre des finances de Jospin, voulait affecter ces excédents au remboursement de la dette, mais il n’osait pas le dire. Il avait la « rigueur honteuse ». Là-dessus, le président Chirac repère ça et, le 14 juillet, patatras, il révèle aux Français qu’il y a une « cagnotte » ! Il décide alors de distribuer cet argent aux Français, avec la complicité de Jospin, qui ne demande pas mieux.
F.-S. On a donc raté le coche du désendettement ?
F. C. Exactement ! Au moment où la France pouvait enfin rembourser ses dettes, l’Etat a tout flambé ! Et ce n’est pas la seule occasion manquée. Avant cet épisode, sur les 100 milliards d’euros recueillis lors des privatisations des grandes entreprises, 20 milliards seulement ont été affectés au désendettement. Le reste a servi à mettre du beurre dans les épinards… Même chose quand l’Etat brade son patrimoine immobilier. Pour parler clair, les gouvernements ont vendu les bijoux de famille pour boucler les fins de mois.
F.-S. Pourquoi, subitement, c’est la panique générale ?
F. C. Parce qu’il y a deux crises qui s’additionnent, et cela ce n’était pas prévu. Il y a la crise des finances publiques, dont nous venons de parler, et maintenant la crise financière, qui se préparait dans l’ombre, et qu’on n’avait pas prévue. Les responsabilités des politiques et des banquiers se sont ajoutées l’une à l’autre. Les uns ont nourri les autres. Depuis trente ans, les politiques ont fait du clientélisme, en laissant la France vivre très au-dessus de ses moyens. Et les banques ont tiré profit de la dette pour spéculer et aggraver les choses. Le laisser-aller de la finance publique et la perversion de la finance privée nous ont amenés là où nous en sommes. Et comme les politiques sortent des mêmes écoles que les banquiers, tout ce petit monde s’est très bien entendu.
F.-S. Comment se sortir de ce bourbier ?
F. C. On a trop longtemps fait croire aux Français que le déficit assurait la croissance et l’emploi. En réalité, il faut savoir dire non, entre « toujours plus » de dépenses ou de revendications et des recettes forcément limitées.
F.-S. Il est déjà trop tard pour agir ?
F. C. Non ! Mais il faut mobiliser tout le pays, tout de suite. Cela exigera « du sang, de la sueur et des larmes ». Nous sommes dans une économie de guerre. Ce doit être l’occasion de redresser la France, comme en 1945. Les Français en ont assez d’être trompés. Ils veulent un langage de vérité, même s’il est très dur. La crise financière de cet été a obligé le gouvernement à faire un pas, mais un tout petit pas seulement. Les Français sont assez mûrs pour comprendre et accepter les choses. Ils veulent qu’on les sorte de là.
F.-S. Les candidats à la présidentielle de 2012, vous convainquent-ils ?
F. C. Pris de court, ils promettent aujourd’hui le retour à l’équilibre, mais c’est un pur mensonge. Ils n’osent même pas utiliser le mot « rigueur » et encore moins « austérité ». Ils se moquent de nous ! Rien dans leurs programmes ne permet vraiment d’agir. Il faut prendre des décisions radicales, qu’il faut emprunter à la gauche comme à la droite : interdire les déficits, surtaxer les hauts revenus, beaucoup plus qu’actuellement, briser l’économie de spéculation et encadrer strictement l’activité bancaire. Mais de l’autre côté, nous devons contrôler les prestations sociales et lutter contre la fraude qui coûte des milliards à la France, encadrer le droit de grève, remplacer seulement un fonctionnaire sur trois dans la fonction publique territoriale (dans les mairies, les embauches et les dépenses ont explosé !) et supprimer totalement – et sans reculer – les niches fiscales qui représentent des dizaines de milliards d’euros… Halte au clientélisme et aux bons sentiments.
F.-S. Les Français sont-ils prêts à accepter de telles mesures ?
F. C. Aujourd’hui tous les Français ont peur, tous les Français savent qu’on est face à l’échéance. Ils voient aussi ce qu’on fait à l’étranger. Ils voient ce qui arrive à l’Espagne, à l’Italie et à la Grèce. Quel Français croit encore qu’on va y échapper ? Certains pays, comme l’Allemagne, l’Angleterre ou le Canada, ont pris en temps et en heure les mesures nécessaires, et ça a payé. En France, on est à des années-lumière de ce qu’exige la situation. Il faut s’attaquer simultanément au système financier et au système étatique.
F.-S. Peut-on réellement s’attaquer aux dérives financières ?
F. C. Avec de la volonté, oui. Il faut séparer clairement la banque commerciale (celle des particuliers) et la banque de marché (spéculatif). Car aujourd’hui, vos petites économies subventionnent la banque de marché. Les Anglais sont en train de le faire. On peut réformer aussi le système bancaire en taxant les opérations financières et en cassant la spéculation. Savez-vous que la moitié des ordres de Bourses sont envoyés automatiquement par des ordinateurs en continu, au millième de seconde. C’est le Casino ! Il n’y a aucune raison pour que la valeur d’une entreprise change plusieurs fois au cours de la journée. Problème : en France, les banquiers sont tellement puissants qu’aucun politique n’ose les contrarier !
F.-S. En conclusion ?
F. C. Cette fois, la France est face à son échéance fatale. Sans courage politique, on va à la catastrophe. Ce ne sont plus des mots ni des prévisions. C’est vraiment la dernière échéance.
(Jacques Hennen et Patrick Meney)
Herve Delemarre sur 05 décembre 2011 dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Une PME autrichienne de petits malins s'est lancée dans la production de cartouches photos pour vieux appareils POLAROID (fabrication éteinte). J'en ai acheté et c'est... à jeter. Qualité de rendu épouvantable. Prix 20 € la cartouche de 8 photos instantanées. La déception, elle, met longtemps à se révéler : il faut compter plus d'un quart d'heure pour commencer à voir émerger du noir quelques traces de photo. Le nom de l'entreprise : IMPOSSIBLE. Bien trouvé, félicitations ! On a rarement vu une raison sociale autant en phase avec le produit. Remarquez, ils avaient un choix de noms assez large : Shit Ltd, Arnaque et Cie, Téniké, Tuladanlle-Q...
Dernière minute : le magazine WINDOWS de déc-janv. annonce pour bientôt le retour de Polaroid avec son modèle Z340 : imprimante intégrée, capteur 14 Méga-pixels, "petit écran escamotable qui s'accompagne de boutons permettant bien évidemment de visualiser les photos stockées sur la mémoire de l'appareil, mais également de lancer l'impression de la photo souhaiter" (sic !). Prix 300 €
Herve Delemarre sur 05 décembre 2011 dans Web/Tech | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J'ai assisté à une rencontre entre la presse et le candidat à la Présidentielle 2012 Jean-Luc Mélenchon au Press Club de France le 23 novembre. J'ai noté à la volée (de bois vert) quelques-unes des saillies du candidat.
Voter Mélenchon (avec le parti communiste dedans) ?
Herve Delemarre sur 25 novembre 2011 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Une nouvelle fois, le degré zéro du journalisme de reportage est atteint cette semaine à l'occasion de l'attente puis la naissance (prévisible) du bébé Sarko-Bruni : des dizaines de reporters papier-radio-télé sont groupés à 200 m de la clinique de la Muette qui est rue Nicolo dans le XVIe de Paris, condamnés à déclaré "en direct" que de là où ils sont parqués on ne voit rien, on ne sait rien (et ils pourraient ajouter qu'au petit matin on se les gèle). De même il y a deux, trois mois on voyait des envoyés spéciaux des chaînes TV postés devant le palais de justice de New York avec un matériel d'enfer intervenir dans les JT pour annoncer qu'ils ne savaient rien. Ah si, un jour une reporter a lu en direct le texto reçu d'un gars infiltré dans les lieux, le tout expédié par satellite à Paris, ça vaut vraiment le coût.
Pire et plus médiocre encore : la situation créée par la présidence, par laquelle on ne voit rien, on ne sait rien sur cette naissance, engendre en soi un véritable sujet de reportage : des reporters sont envoyés rejoindre les reporters qui ne savent rien pour témoigner en direct qu'il y a des reporters en grand nombre (et de nombreux pays) qui parlent du bout de la rue pour déclarer en direct qu'ils ne savent rien, ne voient rien. C'est précisément ce que vient de faire Morandini dans son émission sur les médias sur Europe 1 jeudi 20.10 à 9h30..
Je ne serais pas surpris d'apprendre que des envoyés spéciaux sont expédiés avec du matériel sophistiqué au bout de la rue Nicolo afin d'enquêter sur ces confrères envoyés spécialement pour témoigner que des envoyés spéciaux sont parqués là pour déclarer en direct via satellite qu'ils ne savent rien, ne voient rien.
Après, les gens disent "Ah, mais quel ram-dam on nous fait avec ce bébé, c'est privé, il ne faudait pas en parler"... ce à quoi les médias rétorquent "si nous en parlons tant c'est parce que ça passionne nos lecteurs (auditeurs, téléspéctateurs)". Mon oeil !
Selon Wikipédia," la mise en abyme est un procédé artistique — ou de réflexion intellectuelle — qui entraîne souvent une sensation de vertige". C'est ce que font les médias, et c'est la sensation ressentie. Le vertige du vide.
Herve Delemarre sur 20 octobre 2011 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
La nouvelle ne risquant pas de faire la Une de Libération, il faut attirer l'attention des adeptes de la louange dithyrambique venant récemment d'exercer leur talent avec fracas à propos de Steve Jobs, qu'un certain Dennis Ritchie vient de décéder le 8 octobre. Il fut l'un des pionniers de l'informatique moderne, inventeur du langage C et développeur de Unix. Le langage C reste au début du XXIe siècle un des langages les plus utilisés, tant dans le développement d'applications que de systèmes d'exploitation. Unix a aussi eu une grande influence en établissant des concepts qui sont désormais totalement incorporés dans l'informatique moderne. Le langage C fut ainsi baptisé parce qu'il faisait suite au langage B !
Son nom ne dit probablement rien à la plupart d'entre vous et c'est normal, ce n'était pas le maître d'un empire commercial, ni le genre de personnage à chercher la lumière des projecteurs, il s'affairait à faire son travail, simplement et modestement.
Et pourtant, sans le savoir, dans de nombreux gestes que vous pouvez faire au quotidien, vous utilisez ses principaux travaux, vous êtes d'ailleurs en train de le faire, là, maintenant, en lisant les présentes lignes. Dennis Ritchie est également l'un des principaux créateurs du système d'exploitation Unix dans les années 70, toujours très utilisé en entreprise, Bill Gates et Steve Jobs ne se sont pas trop gênés pour reprendre de plus ou moins grosses portions pour améliorer Windows ou bâtir Mac OS X. Vos téléphones portables, smartphones et autres tablettes fonctionnent généralement sur des variantes d'Unix. D'autre part, aussi bon vendeur qu'ait pu être Steve Jobs, sans un Dennis Ritchie pour baliser le terrain, il n'aurait pas eu grand-chose à vendre, ou alors ses produits auraient été très différents et sans doute moins bons (Windows, n'en parlons même pas !).
Herve Delemarre sur 14 octobre 2011 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J'ai entendu ce matin 6 octobre sur trois radios nationales généralistes chanter les louanges de Steve Jobs, présenté unanimement comme un inventeur de génie et un chef d'entreprise charismatique adulé. Si j'en crois ces journalistes (et sans aucun doute d'autres à venir dans la presse papier et web) Steve Jobs aurait quasiment inventé le micro-ordinateur (c'est faux, il a été inventé par les Français Truong et Gernelle en 1975 un an avant la fondation d'Apple), le baladeur de musique (c'est faux : Sony, 1979), le téléphone mobile tactile (c'est faux) et enfin la tablette/ardoise numérique (c'est faux). Et pourquoi pas l'eau chaude, pendant qu'on y est ?
Je persiste à penser que la principale invention technologique - et de loin- des cinquante dernières années a eu lieu chez Intel : le microprocesseur. Citez-moi une invention d'Apple qui ait eu le même impact déterminant que celle du microprocesseur ? D'ailleurs, citez-moi une invention d'Apple ?
Signalons à ces journalistes si avides d'éloges dithyrambiques que l'inventeur chez Intel du microprocesseur est vivant (Ted Hoff) et que l'ingénieur François Gernelle concepteur chez R2E du premier micro-ordinateur au monde, se tient sans doute à leur disposition pour des interviews. Je me suis occupé un temps des relations presse du patron de Gernelle chez R2E, André Truong, et je peux témoigner que ça ne se bousculait pas au portillon pour décrocher des entretiens, quand André (1936-2005) était vivant et habitait en proche banlieue ouest.
Je vous invite à lire un article paru dans L'EXPRESS le 8.10.2011 intitulé "Les dix choses que Steve Jobs n'a pas inventées"
Comme chef d'entreprise charismatique adulé, Steve Jobs a réussi à se faire virer de sa propre entreprise en 1985, un an après le lancement du merveilleux Macintosh. Bizarre, non ? Il n'y est revenu que douze années plus tard, en 1997. La plupart des journalistes se croient obligés de tomber à genoux en pâmoison devant la statue de Steve Jobs parce qu'il vient de décéder, perdant tout sens de la réalité des faits, des mots et de la vérité du parcours de Jobs. Trop d'emphase tue la crédibilité.
J'entends dire que le génie de Steve Jobs est d'avoir mis à la technologie à la portée du plus grand nombre. Pour un iPad à 600 euros, ceux qui apprécient sont les 8 millions de Français qui vivent avec moins de 950 euros par mois ou les 50% de Français qui ont un revenu inférieur à 1580 euros. Steve Jobs était sans aucun doute pour eux un dieu vivant, un génie qui a changé leur vie.
Michael Bloomberg, maire de New York :"Ce soir l'Amérique a perdu un génie dont on se souviendra comme d'Edison et d'Einstein, et dont les idées vont façonner le monde pendant plusieurs générations."
Frédéric Mitterrand, ministre de la culture estime que «sans Steve Jobs, le ministère de la Culture ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui»
Laurent Wauquiez, ministre de l'Enseignement supérieur : "Steve Jobs, pour moi le Gutenberg du XXIe siècle" (twitter)
Barack Obama, président des Etats-Unis :"Steve Jobs faisait partie des plus grands innovateurs américains, suffisamment courageux pour penser différemment, suffisamment hardi pour se croire capable de changer le monde et suffisamment talentueux pour y parvenir". "En bâtissant l'une des entreprises les plus prospères de la planète en démarrant dans son garage, il était l'exemple même de l'ingéniosité américaine."
Masayoshi Son, patron de Softbank (groupe télécom japonais) : "Je suis extrêmement triste" (...) "Steve Jobs était réellement un génie de son époque, tant sur le plan technique qu'artistique. Dans des siècles, on se souviendra encore de lui comme de Léonard de Vinci. Ses créations continueront éternellement de briller".
Autres éloges de même tonalité dans LA TRIBUNE
Un article paru dans Culture-RP le 7.10 partage mon point de vue. Il est étonnant que tant de journalistes et de hauts responsables se soient laissé aller à de tels délires.
Steve Jobs a prononcé un discours remarquable, mémorable à l'université de Stanford en 2005. Il est bon de se le repasser.
Dans le volet cliquable ci-après, le texte de ce discours (VO puis VF) -->
Herve Delemarre sur 06 octobre 2011 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le grand public est quelque peu ébranlé par les dernières affaires qui ont éclaboussé le monde de la santé : le Médiator, l'Isoméride, le Distilbène, le Vioxx... Pourtant, l'information sur internet existe mais l'information n'est pas toujours fiable. Dooblecare se veut le "Prescrire" de l'information médicale sur Internet à destination du grand public.
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Prenez connaissance du Dossier de Presse et du premier Communiqué de Presse et... take care !
Herve Delemarre sur 29 septembre 2011 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
La photo de Christine Lagarde surprise en vacances en Corse en juillet doit faire réfléchir les managers sur plusieurs plans. Voilà une cadre supérieure qui vient de prendre ses fonctions en juin, mais dès le mois de juillet la voici prenant des congès et se baladant en bateau.
Sans doute, me direz-vous, les affaires sont-elles un peu plus calmes pendant l'été pour le marché dont s'occupe l'entreprise de Madame Lagarde ? Que nenni ! Au contraire, son entreprise, le FMI, se retrouve au milieu de la plus grande tempête mondiale économique et financière jamais vue depuis au moins 1929. Que fait Madame Lagarde pour bien montrer (à ses collègues, à ses subordonnés, à ceux qui l'ont nommée, à ses partenaires extérieurs) qu'en tant que directrice venant de prendre son poste elle déborde de bonne volonté et d'engagement sur le front... et qui plus est quand la plus grande crise de tous les temps gronde dehors ? Madame Lagarde est en vacances au soleil avec son compagnon Xavier Giocanti en Corse, c'est-à-dire à des milliers de kilomètres de son bureau de Washington.
Mais attention : Paris Match n'a pas omis de souligner le détail qui change tout à ses yeux : Madame Lagarde possède un téléphone mobile et elle s'en sert, même en bateau. Bon, ce que ne précise pas la légende, c'est qu'à l'instant de la prise de vue, Madame Lagarde est occupée à réserver une table bien placée pour deux pour ce soir vers 20h30 dans le meilleur restaurant donnant sur le port.
Cette image remet en question sérieusement la philosophie managériale, encore vivace ici ou là, selon laquelle le manager a un devoir d'exemplarité ("role modeling", disent les gourous du management américains) : autrement dit, quand ça va mal, et même très, très mal, le rôle du chef serait de montrer qu'il est fortement impliqué, qu'il se défonce au boulot pour en sortir, et qu'il est attendu que les autres en-dessous dans la hiérarchie en fassent autant, en cascade. Avec Madame Lagarde, rien de cela, c'est même tout le contraire. C'est nouveau, c'est moderne, ça vient de sortir.
Avec les moyens de communication modernes il est possible de travailler loin de son bureau, plus besoin d'être vissé devant sa table, nous avons le mobile, internet, le wifi, et même la visio-conférence. Ah ? Alors veuillez m'expliquer pourquoi nous venons de voir Monsieur Sarkozy remonter de manière imprévue à Paris de son lieu de vacances dans le Var afin de participer à une réunion avec ses ministres à Paris ? Ne me dites pas que dans le cadre du Plan de rigueur ils ont déjà revendu leurs équipements de visio-conférence ! Pourquoi dépenser du kérosène sur le trajet Hyères-Villacoublay pour aller discuter avec des collaborateurs avec lesquels il échange en permanence ? Voyez Madame Lagarde : de Corse elle supervise une grande organisation internationale et anime des réunions du FMI, et en anglais en plus. On me suggère que si le président Sarkozy est remonté à Paris au milieu de ses congès c'est pour provoquer un impact psychologique, montrer son implication. C'est sans doute vrai, et c'est aussi précisément ce que Madame Lagarde ne fait pas ! On aurait préféré la voir dans son nouveau bureau du FMI entourée d'épais dossiers et de collaborateurs attentifs en chemises blanches et cravattes dénouées.
LEGENDE : "Sans brushing mais téléphone portable vissé à l'oreille, Christine Lagarde vogue loin des remous de l'économie en Corse, avec son compagnon Xavier Giocanti."
Herve Delemarre sur 30 août 2011 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)